Noces de Rubis - 35 ans de mariage : Avant le GPS !

Publié le 17 Janvier 2015

Chronomètre n°5 d'Harrison 1772 - Photo Racklever

Chronomètre n°5 d'Harrison 1772 - Photo Racklever

Il est aisé pour chacun d’entre nous de retrouver notre chemin : le GPS est en cela un formidable outil qui nous rend chaque jour de précieux services.

Mais avant cela, comment faisait-on ? Pour déterminer sa latitude, c’est relativement simple, il « suffit » de déterminer la hauteur du soleil à midi, c'est-à-dire au moment où il est le plus haut dans le ciel. Par contre, pour la longitude, c’est une autre paire de manches, car il faut alors comparer ce midi de l’endroit où l’on se trouve et celui de l’endroit d’où on est parti. La question prend tout son sens lorsqu’on se retrouve en plein océan et qu’il est compliqué de demander son chemin à un autochtone.

N’oublions pas que durant des siècles, la seule référence horaire était celle du soleil : on travaillait donc plus en été et moins en hiver, puisque certaines activités étaient interdites la nuit. Eh oui, tout l’inverse de notre époque actuelle, qui voit les congés d’été. Quant à ce décalage d’heure, il peut être important. Rien qu’entre Alsace et Bretagne, il y a près d’une heure de différence. Idéal pour les vacances… d’été, justement, que de pouvoir profiter de longues soirées, près de la Mer d’Iroise ou de la côte de Granit Rose.

Et si on va vers l’Est, alors l’hiver est un peu plus déprimant encore : en Pologne, le soleil peut se coucher à 15h déjà. Les soirées sont alors très longues !

Il a donc fallu trouver un moyen « d’emporter » avec soi l’heure de son point de départ. Simple aujourd’hui. Le voyageur qui a une montre réglée, disons, à l’heure de Paris, arrive à New-York 7 heures plus tard, mais aussi 6 h plus tôt, avec le décalage horaire. Mais sa montre, si elle n’a pas été touchée, porte toujours l’heure de Paris.

Rien de tel jusqu’au XVIIIème siècle, ce qui embêtait souverainement les puissances maritimes, Angleterre en tête : les erreurs de navigation étaient nombreuses et surtout il était difficile de savoir quel était le rythme de progression des navires. Les calculs de vitesse étaient, eux, également très sommaires.

C’est pour cela que l’Amirauté Britannique lança un « concours », en 1714, le Longitude Act. Il était prévu une récompense substentielle pour qui trouvait un moyen de garder avec suffisamment de précision l’heure du point de départ. Il faut se rappeler qu’à l’époque, les horloges n’affichaient que les heures, ce qui convenait à l’usage général. Et il faut s’imaginer qu’il fallait garder la précision d’un système mécanique sur un navire, qui était tout sauf stable.

C’est un certain John Harrison qui remporta le prix, grâce à un système ingénieux de poids et de contrepoids destiné à contrebalancer le roulis du navire. Il ne le trouva pas tout de suite, car il lui fallu 31 ans d’essais et d’erreurs pour arriver à ce résultat. Chapeau pour cette persévérance !

Quoi qu’il en soit, son « chronomètre » équipa bientôt les navires britanniques, notamment ceux des expéditions de James Cook sur Endeavour, qui parcouriut le Pacifique (et où Cook trouva la mort, dévoré par des anthropophages sur les îles Sandwich[1], devenues depuis Hawaï). Il en résulat une plus grande précision dans l’élaboration des cartes marines puis terrestres.

Et le rubis dans tout cela ? Etant une variété de corindon, il est très dur, puisque sa dureté est de 9 sur l’échelle de Mohs (dépassé uniquement par le diamant, de valeur 10). Il était donc tout indiqué pour servir de surface d’appui pour les mécanismes des horloges, des montres et des chronomètres. Le frottement des différents organes, de plus en plus minaturisés, eut tôt fait, en effet, d’user prématurément le métal de contact. Il devenait donc impossible, sans paliers en rubis, de garder un chronomètre précis durant les longs mois, voire années, que durait une campagne d’exploration.

Le rubis n’est donc pas une fantaisie d’horloger-joaillier, il a une utilité toute physique. Ce n’est d’ailleurs pas son seul apport à cette discipline, car sans lui, la Guerre des Etoiles n’aurait sans doute jamais eu ce succès.

Mais la saga du Laser est une autre histoire.

 

Le rubis a bien d'autres secrets. D'ailleurs, savez-vous d'où vient son nom ?

 


[1] Du nom du Lord de l’Amirauté. L’ironie vient du fait que l’on donna le nom de « Sandwich » aux plats simples que se faisait faire ce personnage qui ne voulait pas perdre de temps à manger et quitter pour cela sa table de jeu.

Rédigé par Nicolas PERROT

Publié dans #Noces de Rubis

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article