20 et 51 ans de mariage : Tea Time, l'alliance du Camellia et de la Porcelaine !

Publié le 1 Mars 2015

Théiere du Derbyshire - Photo Victuallers

Théiere du Derbyshire - Photo Victuallers

Le Tea-Time est une institution en Angleterre. Elle ne date évidemment pas de l'Antiquité, comme aimèrent à nous le faire croire Goscinny et Uderzo, mais de bien plus tard. Car le Camellia dont nous parlons dans ces lignes est bien Camellia Sinensis, le Camellia chinois autrement dit : le Thé.

Bien évidemment, celui-ci aurait pu arriver en nos contrées en même temps que la Soie, c'est à dire déjà depuis l'époque romaine, qui voyait les élégantes se ruiner en soieries, mais quand bien même il l'aurait fait, on n'en a trouvé nulle trace. On date donc l'arrivée du thé des XVIème et XVIIème siècle, lorsque la Chine s'est ouverte au commerce maritime avec les Européens qui avaient enfin franchi le cap de Bonne-Espérance.

Et c'est bien une question de frêt maritime qui a donné lieu à cette alliance anglaise si typique ; le thé est une marchandise bien légère, d'autant qu'il s'agit justement de feuilles séchées. Alors, pour alourdir un peu les navires et abaisser leur centre de gravité, il fallait y mettre du fret un peu plus lourd.

Ce lestage est d'une importance cruciale. Les amateurs d'histoire maritime connaissent bien l'histoire de Vasa, le navire amiral de la flotte suédoise qui coula le jour même de son lancement, en 1628. L'enquête menée alors détérmina qu'il y avait eu une erreur de calcul dans la quantité de lest à mettre au fond des cales. Le navire, mal équilibré, ne put resister à une bourrasque de vent de travers qui le déséquilibra et le fit sombrer à quelques centaines de mètres seulement de la cale d'où il venait de partir.

On utilisait le plus souvent des pierres. On ne pouvait guère trouver lest plus commun ! Sauf que c'était un véritable poids mort ! Et les navires européens qui cinglaient vers la Chine ne pouvaient guère s'en passer. Que pouvaient-ils apporter en paiement des richesses de l'Empire du Milieu ? Des métaux précieux, qui seuls pouvaient intéresser les marchands chinois, alors que l'artisanat de leur pays était infiniment supérieur à celui qui prévalait alors en Europe.

Or, les métaux précieux (bien que lourds) ne peuvent remplir des cales... Au mieux remplissaient-ils quelques coffres. On assurait donc la stabilité des flutes ou des indiamen avec du lest pierreux. Et par un souci économique bien compris, une fois en Chine, on enlevait ce poids mort pour ajouter aux cargaisons de thé un autre produit dont le pays des Mandarins gardait encore le secret : la porcelaine.

Nous avons vu précédement quelle était son étymologie. Nous savons que son secret ne fut perçé que bien plus tard et en attendant, elle constitua une part importante du commerce vers l'Europe. Et comme les Anglais avaient pris (à coup de grandes batailles navales) la première place à leur rivaux Hollandais, c'est en Angleterre que le thé et la porcelaine se firent alliés, pour la grande joie des bourgeois de Londres et d'ailleurs.

Donc, la prochaine fois que vous aurez l'occasion de participer à un tea-time digne de ce nom, rappelez-vous que vous devez la divinité de cet instant à une banale histoire de centre de gravité sur un voilier à la grande mâture.

Deux siècles plus tard, la technique de la porcelaine fut maitrisée en Europe, mais l'aventure du thé continua. On organisa même des courses. Ce sera une histoire pour un autre jour. Pour la connaitre de suite...

Astérix chez les Bretons - Goscinny et Uderzo - Dargaud - 1966

Astérix chez les Bretons - Goscinny et Uderzo - Dargaud - 1966

Rédigé par Nicolas PERROT

Publié dans #Noces de Porcelaine, #Noces de Camellia

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