5 ans de mariage : noces de Bois ou tout n'est pas si simple !

Publié le 28 Mars 2015

Construction d'un vaisseau vers 1670 à l'arsenal de Toulon - Album de Colbert

Construction d'un vaisseau vers 1670 à l'arsenal de Toulon - Album de Colbert

L’actualité nous oblige à voir les démonstrations de force de certains pays ou groupes armés. La méthode préférentielle consiste bien évidemment à défiler, en plus ou moins bon ordre. Que ce soit le 14 juillet en France, ou le 9 mai à Moscou, ou encore sans date précise pour telle ou telle faction illégale, le postulat est toujours le même : montrer que l’on est le plus fort, que l’on a les plus gros biceps (et le reste, le calibre des canons étant le sujet de discussion le plus fréquent qui n’est pas sans rappeler d’autres préoccupations : « C’est moi qui ait le plus grand, na ! ».

Cela ne date pas d’hier, soyez-en certains. Sauf que, il y a quelques siècles, on s’y prenait différemment, en emmenant les diplomates étrangers en balade. En balade, carrément ? Mais où donc ? En forêt, tout simplement.  Bucolique, n’est ce pas ? Oh pas seulement, car il s’agissait tout simplement de montrer de quelles ressources le pays disposait en cas d’affrontement naval. En gros : « Vous pouvez nous détruire des navires, nous avons amplement de quoi reconstruire ». Malin, non ?

Cela nous amène à nous pencher sur la question. A quoi ressemblaient les forêts de l’Époque moderne (de la Renaissance à la Révolution Industrielle) ? Pas aux nôtres, qui sont le plus souvent élevées en futaies si on le peu. La futaie ? Ce sont des arbres âgés d’au moins 100 ans, au fût le plus droit possible, le plus recherché pour son bois d’œuvre, le houppier (la cime) fournissant alors le bois de chauffage ou d’industrie.

L’actualité nous oblige à voir les démonstrations de force de certains pays ou groupes armés. La méthode préférentielle consiste bien évidemment à défiler, en plus ou moins bon ordre. Que ce soit le 14 juillet en France, ou le 9 mai à Moscou, ou encore sans date précise pour telle ou telle faction illégale, le postulat est toujours le même : montrer que l’on est le plus fort, que l’on a les plus gros biceps (et le reste, le calibre des canons étant le sujet de discussion le plus fréquent qui n’est pas sans rappeler d’autres préoccupations : « C’est moi qui ait le plus grand, na ! ».

Cela ne date pas d’hier, soyez-en certains. Sauf que, il y a quelques siècles, on s’y prenait différemment, en emmenant les diplomates étrangers en balade. En balade, carrément ? Mais où donc ? En forêt, tout simplement.  Bucolique, n’est ce pas ? Oh pas seulement, car il s’agissait tout simplement de montrer de quelles ressources le pays disposait en cas d’affrontement naval. En gros : « Vous pouvez nous détruire des navires, nous avons amplement de quoi reconstruire ». Malin, non ?

Cela nous amène à nous pencher sur la question. A quoi ressemblaient les forêts de l’Époque moderne (de la Renaissance à la Révolution Industrielle) ? Pas aux nôtres, qui sont le plus souvent élevées en futaies si on le peu. La futaie ? Ce sont des arbres âgés d’au moins 100 ans, au fût le plus droit possible, le plus recherché pour son bois d’œuvre, le houppier (la cime) fournissant alors le bois de chauffage ou d’industrie.

Comment utiliser les arbres "au naturel" pour la construction d'un vaisseau - XVIIIème siècle

Comment utiliser les arbres "au naturel" pour la construction d'un vaisseau - XVIIIème siècle

À cette époque, on privilégiait le taillis, formé de jeunes arbres repoussant sur les souches, en cépée. On coupait donc le bois relativement fréquemment, tous les 25 à 30 ans au maximum, pour alimenter les villes en bois et l’industrie du fer, du sel, du verre, toutes grandes utilisatrices du feu, et donc du bois. Cela posait évidemment problème aux États naissants, qui avaient, eux, besoin de grandes pièces de bois, mais pas forcément droites comme aujourd’hui. Les formes arrondies des vaisseaux nécessitaient en effet des troncs courbés, parfois biscornus, dans lesquels le fibrage était déjà prêt à l’emploi, ou presque (voir illustration).

Alors, le pouvoir prit au fil des siècles de multiples mesures, preuve s’il en est qu’elles étaient peu suivies. En 1669, Colbert promulgua ainsi le Code Forestier, qui réserva une grande partie des forêts à l’usage exclusif de la Royale. Il fallait en effet pour un vaisseau de haut-bord près de 3 000 chênes, et nombre d’autres essences, comme les sapins ou les épicéas pour les mâts, le frêne pour les manches de cabestan, le gaïac importé des colonies pour les poulies…  Le grand ministre alla même plus loin en faisant planter des chênaies. La plus célèbre est celle du Tronçais, dans l’Allier, et on se plut à dire que Colbert avait eu la vision de la marine de 1970.

C’était, assurément, une vision d’avenir que peut de nos politiciens actuels semblent avoir. Mais il ne faudrait pas trop encenser l’homme en question. Protégé de Mazarin, il avait bien appris auprès de son mentor. S’étant débarrassé de son rival Nicolas Fouquet, il réussit, au service de son Roi Louis XIV, à se servir lui-même royalement. Pas mal pour le fils d’un drapier rémois !

Quant aux forêts d’Europe, n’en déplaise aux écologistes extrémistes, elles furent sauvées par autre chose que des règles et des mesures étatiques. C’est en effet l’avènement du charbon (puis du pétrole) comme source d’énergie principale, qui allait alléger les ponctions sur les forêts.

Comme quoi, en politique, en écologie comme dans le mariage, rien n’est si simple !

Jean-Baptiste Colbert - 1666 - Portrait de Claude Lefebvre.

Jean-Baptiste Colbert - 1666 - Portrait de Claude Lefebvre.

Rédigé par Nicolas PERROT

Publié dans #Noces de Bois

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