Coquelicot et Erable. Souvenir de Vimy

Publié le 9 Avril 2017

Les Armoiries de Vimy - Pas de Calais

Les Armoiries de Vimy - Pas de Calais

Aujourd'hui est un jour de célébration pour tous les Canadiens. Ce n'est pas à proprement parler la fête nationale (qui se fête le 1er juillet, en souvenir de la création, en 1867, de la Confédération Canadienne), mais c'est une date fondatrice. Il y a 100 ans, jour pour jour, commençait en effet la bataille de Vimy.

Vimy, ou plutôt sa crête 145, était en effet en 1917 un point stratégique, un observatoire à la vue imprenable sur la plaine de Lens et ses richesses minières. Autant dire que les Allemands, qui occupaient la position, l'avaient fortifiée. La mission fut donnée aux Canadiens de prendre la crête, et ce à n'importe quel prix. C'était la première fois que ces derniers combattaient seuls, sans les Britanniques à qui il étaient jusque là mêlés. Rappelons que le souverain d'Angleterre était (et est toujours) celui du Canada, alors Dominion de la Couronne. D'ailleurs, à l'époque, il n'était pas question d'un drapeau unifolié, mais bien du "Red Ensign" britannique portant sur le champ les armoiries simplifiées de la colonie.
 

 

Le Red Ensign dans sa version de 1868 à 1921, bannière sous laquelle ont combattu les soldats de Vimy.

Le Red Ensign dans sa version de 1868 à 1921, bannière sous laquelle ont combattu les soldats de Vimy.

L'attaque dura 3 jours et 3 nuits, et réussit. Ce fut un exploit, qui coûta la vie à plus de 3000 Canadiens. Pour la première fois, on parla du Canada comme nation militaire. Comme nation même, tout court. Cette victoire permit au Canada d'être signataire du Traité de Versailles, qui mettait officiellement fin à cette "Grande Guerre" qui n'allait pas être la dernière. Cette victoire fut fondatrice du Canada moderne, qui devint indépendant en 1931. A ce titre, le mémorial de Vimy figure en bonne place sur les symboles du Canada : sur le billet de 20 dollars et dans le passeport canadien.

Ce fut avec raison que le Brigadier Général Ross déclara au sujet du déclenchement de l'attaque : "Au cours de ces quelques minutes, je fus le témoin de la naissance d'une nation".

En 1922, la France, reconnaissante, accorda au Canada les droits sur la zone des combats, dont, honnêtement, on ne pouvait pas faire grand chose d'autre. On y construisit un mémorial qui traversa les heures sombres de l'occupation nazie et qui est toujours visitable. Vous y êtes accueillis par de jeunes volontaires canadiens, dont certains sont parfaitement bilingues. Ne vous éloignez pas des chemins balisés, seuls les moutons peuvent entretenir les zones encore défigurées par les obus et les bombes. La visite est émouvante, bien entendu, et lorsque vous l'aurez finie, un grand panneau vous rappellera de garder votre droite. Eh oui, les visiteurs les plus nombreux semblent être les Britanniques.

Et le coquelicot dans tout cela ? Il était la fleur souvenir des Britanniques et est toujours portée lors des commémorations militaires. Pourquoi ? Parce que c'était l'une des seules fleurs à pouvoir pousser sur les champs de bataille.

Ainsi, quand vous rencontrerez un de mes compatriotes canadiens, parlez-lui de Vimy, il vous en sera reconnaissant.

La bataille de la crête de Vimy, Richard Jack (1866-1952) - Musée canadien de la guerre - Ottawa

La bataille de la crête de Vimy, Richard Jack (1866-1952) - Musée canadien de la guerre - Ottawa

Mémorial de Vimy - la gravure des noms des tués.

Mémorial de Vimy - la gravure des noms des tués.

Rédigé par Nicolas PERROT

Publié dans #Noces d'Erable, #Noces de Coquelicot

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